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Témoignage d'Anaele, animatrice de chantier à Aubusson

Animation d’un Chantier International de Bénévoles en ADAPEI

 

C’est avec une certaine appréhension que je suis arrivée à Aubusson pour préparer l’accueil des 10 volontaires et rencontrer celles et ceux qui allaient être mes interlocuteurs privilégiés pour les 3 semaines à venir. À savoir les résidents du foyer des Méris et l’équipe salariée qui les accompagne au quotidien. Travailler dans un lieu de vie pour personnes en situation de handicap mental… C’était pour moi de l’ordre de l’inconnu. Je n’étais pas sur mon terrain habituel. Comment allais-je m’y prendre pour créer du lien ?

Et c’est très vite que toutes mes inquiétudes se sont envolées. Nous avons été accueillis chaleureusement par toutes les personnes impliquées sur le site.

L’intérêt que suscitait le groupe de volontaires et les travaux que nous effectuions était palpable. Chaque jour nous avions des visites et des coups de main sur le chantier. Les repas du midi pris en commun avec les résidents donnaient lieu à de jolis moments de partage avec les volontaires, de communication interposée où nous, les animateurs, devions jouer au départ les rôles de traducteurs et où bien vite il leur a été possible de trouver d’autres moyens de communiquer : les gestes, le regard, les rires et même les chansons.

À l’occasion de plusieurs sorties nous avons retrouvé certains résidents des Méris, c’était alors les parties de jeux, ou simplement de marcher ensemble qui servaient à la rencontre.

Certains membres de l’équipe salariée nous ont volontiers invités chez eux ou nous ont retrouvés pour une balade, un concert, une soirée pizzas maison… Bref, moi qui craignais que les liens ne se fassent pas, et que le groupe reste dans l’entre-soi, nous avons été en excellente compagnie tout au long des trois semaines. C’était un plaisir et nous avons pu sentir que le plaisir était partagé.

Pendant ces trois semaines, le jardin du foyer des Méris s’est transformé peu à peu, sous l’œil intéressé et attentif des résidents. Les plus anciens nous racontaient ce qu’il avait été... Du temps de sa pleine activité, du temps où il était possible d’y cultiver ses salades, de prendre soin des volailles et où chacun des coins de ce jardin était un prétexte à venir s’y promener. Et d’autres venaient nous parler de leurs nouveaux projets dans ce futur jardin tout remis en état. C’était un excellent moteur pour les volontaires qui s’occupaient de rénover les bacs de culture, réparer la serre, démonter la vielle cabane de jardin, poser une nouvelle clôture, débarrasser les différents tas de gravats et encombrants...

Ces trois semaines de partage se sont terminées avec la grande fête estivale du foyer. Nous avons, dans une ambiance bon enfant, échangé nos ressentis, dansé, chanté et même pleuré un peu quand est venu le moment de se dire au-revoir.

J’ai le sentiment d’avoir vécu une expérience forte, je me suis sentie plus impliquée que sur mes chantiers précédents. J’ai l’impression que pour tous, ce chantier a été une parenthèse, une rupture du quotidien, une bouffée d’air frais voir un courant d’air. La dimension sociale y est largement pour quelque chose, et elle est un aspect qui transporte lorsqu’elle atteint ce niveau d’interaction.

Je pense que c’était un chantier particulier à bien des égards, et qu’il serait enrichissant, pour Concordia, pour les volontaires et aussi pour les structures qui accueilleraient un chantier de ce type, que l’expérience se produise à nouveau, qu’elle se multiplie et qu’elle devienne même une habitude.

Anaele.